MARSICK. Une dynastie de virtuoses et l’Ecole Liégeoise de violon (2/7)

Après avoir fixé le cadre de l’Ecole liégeoise de violon, intéressons-nous, si vous le voulez bien, à notre sujet proprement dit: les Marsick. Je vous propose de consacrer une note par génération, même si la première sera plus biographique que musicale et même généalogique et traversera le XVIII° siècle, ce qui n’exclut pas de vraies surprises qui fondent le début du roman liégeois de cette dynastie…

Or donc, le nom de Marsick va prendre un rôle fondamental dans cette expression artistique violonistique liégeoise.
Et la famille a exploré son histoire familiale, détaillée sur Généanet. Ses travaux, et notamment ceux de Marie-Christine Lucarelli, nous éclaireront largement.

Le patronyme, rare, s’il est associé à l’Ecole Liégeoise de violon, a peu de chance d’être liégeois de toute éternité. Et on s’accorde à lui attribuer une origine slave.

De Johannes Marsick à Marie Madeleine un siècle va s’écouler et trois générations de Marsick, de l’immigré slave à la mère-célibataire…

De fait, on trouve trace à Liège d’un Marsick en 1707 pour la première fois, à l’origine de la lignée de musiciens qui font ici notre affaire. Johannes Marsick (ou Marschick, alors) né à Bratislava, en Slovénie, s’est marié le 20 juin 1707, à Liège, avec Marie Anne Dodémont – ce qui atteste autant d’une rapide intégration que du sens de l’accueil liégeois. Ils auront trois enfants, dont nous retiendrons l’aîné, Jean-Guillaume, né l’année du mariage de ses parents : il fait constitue le premier chaînon du lien avec nos violonistes.

Traversons le siècle, et venons à la rencontre de Marie Madeleine Marsick , née en 1789. (1)

Marie Madeleine Marsick aura elle trois enfants. Mais chose assez rare pour l’époque, ses trois enfants, elle les aura hors mariage. Parmi eux: Pierre Joseph, qui retiendra notre attention.

Elle épousera plus tard Benoît Christophe, né le 10 avril 1798, et on ne lui connaît pas d’enfants nés après cette date.

Quelle fut sa vie, la généalogie ne nous le dit pas, mais donne à voir son état d’ouvrière en dentelle et de journalière. On devine une situation difficile, dans un contexte où des situations comme la sienne étaient mal vues de l’église et de la société. On ignore encore son environnement, et notamment son contexte personnel – y compris dans sa relation avec Benoît Christophe, avant son mariage. On sait toutefois que Benoît Christophe avait été marié avant 1831 avec Jeanne Lovinfosse, qui décède en 1831 et qu’au moment de leur mariage, les époux sont domiciliés rue Pierreuse, à Liège.

Le mariage de Marie Madeleine et de Benoît est célébré le 28 janvier 1834. On sait que le père de la mariée, Jean Lambert, n’est ni présent, ni consentant. Les témoins sont tous journaliers, et demeurent tous rue Pierreuse, comme les futurs époux. Et tout ce petit monde déclare ne savoir pas signer. Le marié a fait le serment qu’il ignore tout du décès de ses aïeuls, de la survenance de leur décès et de leur dernier domicile. Comme les témoins, le marié est alors journalier, mais il sera aussi cordonnier et maçon.

Tous ces éléments confirment à coup sûr une situation difficile.

Ces renseignements, on les trouve dans un arbre généalogique, remarquable travail de recherches, réalisé par Artuby, sur Généanet.

Ainsi, les fondements de la généalogie de nos personnages sont-ils posés. Et on voit combien ils éclairent sur l’extraordinaire évolution que connaîtra bientôt ce nom, de modestes immigrés slaves aux plus grandes scènes musicales.

Leur récit va pouvoir commencer.

(1) pour les curieux, mentionnons donc, pour mémoire, Jean-Guillaume, marié à Marie Josèphe Ferray, aura lui-même trois enfants. Ces trois enfants sont Jean Lambert, Louis Hubert et Hubert. En secondes noces, marié à Marie Jeahanne Vegnagel, il aura encore deux autres fils. Jean Lambert, né en 1752 et marié à Marie Madeleine Bourguignon, aura quatre enfants, dont Marie Madeleine Marsick, née en 1789.

Cette histoire est évoquée à travers 7 épisodes. Voici de quoi vous orienter dans la suite:

1/7: Les Marsick. Et l’Ecole liégeoise de violon
2/7: Les Marsick. L’Ecole liégeoise et une dynastie de virtuoses d’origine slave

3/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’Ecole liégeoise de violon: Pierre Joseph
4/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’Ecole liégeoise de violon: Louis François
5/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’école liégeoise de violon: Martin Pierre
6/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’école liégeoise de violon: Armand
7/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et de pédagogues. Paul-Louis 

photo de tête: Johanna Vogt sur Unsplach

Bernard Chateau,