
Gertrude. Un prénom qui a été donné à des rues un peu partout dans le pays et à l’étranger. Rien qu’en Wallonie, 23 églises portent son nom. C’est en effet de Sainte-Gertrude dont il s’agit… Pour une histoire qui remonte au VII° siècle… c’est dire que ce que l’on sait d’elle est assez vague et imprécis.
Ce qu’on sait…
Ce qu’on sait, c’est qu’elle naquit en 626. Qui plus est dans une famille où tout le monde est saint… Pépin l’Ancien, ou de Landen, l’ancêtre de Charlemagne, maire du Palais du Roi Dagobert, sera canonisé. C’est son père. Itte Idoberge, sa mère fonde le monastère de Nivelles et sera faite sainte. Comme sa soeur… Gertrude sera canonisée en 1220.

Le livre qu’elle tient à la main symbolise à la fois la foi et la parole divine. En tant qu’abbesse, se consacrant à la prière, à la lecture des textes sacrés et à la vie spirituelle, il incarne son autorité spirituelle, son rôle dans la direction de la communauté monastique, son enseignement, la richesse de sa vie intellectuelle et spirituelle, son savoir et sa sagesse.


On sait aussi qu’à 13 ans, elle fuit les offres coquines du fils du duc d’Aquitaine. Et que sa mère lui confiera le gouvernent du Monastère de Nivelles, alors qu’il est encore en construction et dont elle deviendra la première abbesse. Elle aura été ainsi la première d’une longue lignée de femmes qui, pendant un millénaire, dirigèrent le Monastère, jusqu’à la révolution française, et par voie de conséquence, Nivelles, qu’elles administraient, y rendant justice.
On l’invoque de manière superstitieuse contre les souris et les rats… Elle est donc patronne des chats et même des chats noirs, leurs pires ennemis, et des jardiniers, qui ont en horreur souris et rats.
Elle est morte, à 33 ans, le 17 mars 659. Après s’être consumée dans l’austérité des veilles et de l’abstinence, comme on dit dans les livres consacrés aux saints.
Mais au-delà de l’histoire des Religions, Sainte Gertrude, c’est un patrimoine, et un folklore locaux, qu’elle aura nourris à Nivelles.
Des patrimoines, matériels et immatériels

Il y a la collégiale, bien sûr. Elle fait partie du «patrimoine exceptionnel de Wallonie». C’ est une des plus anciennes et des plus grandes églises romanes d’Europe, consacrée en 1046. Des mauvais coups de l’histoire, elle en a connu. Le pire, ce sont les bombardements allemands de mai 1940. Elle a été restaurée, dans un style rhéno-roman, selon le choix des habitants, suite… à un referendum. C’est au sommet de la tourelle sud que trône Jean de Nivelles ou plutôt «Djan Djan». On ajoute le cloître, restauré au XIX° siècle, la crypte et les espaces archéologiques.
Mais il y a aussi le Tour Sainte Gertrude, Chef d’œuvre oral et immatériel du patrimoine de la FWB. Le tour Sainte-Gertrude est une fête autant processionnelle que folklorique. Au petit matin, les pèlerins accompagnent sur 14 kilomètres le char, du XVe siècle, portant les reliques de la sainte qui reposent dans la collégiale. Chaque année, le Tour a lieu le dimanche suivant la Saint-Michel.

Rendez-vous le 4 octobre 2026 pour le prochain Tour Sainte-Gertrude, un Tour 2026 qu’on annonce exceptionnel pour la circonstance: ce sera le 750° Tour Sainte-Gertrude. Et, toute l’année, pour des animations hors du commun et des événements consacrés à Gertrude dans la ville de D’jan D’jan, le jacquemart de Nivelles.
Mais à Nivelles, cette année, ce n’est pas un anniversaire qu’on célèbre, mais quatre: outre le 1400ème anniversaire de la naissance de sainte Gertrude, et le 750ème anniversaire du Tour, ce sera l’occasion de commémorer les 980 ans de la dédicace de la Collégiale et les 20 ans du buste-reliquaire.
C’est pourquoi nous aurons l’occasion de revenir avant longtemps sur les terres de D’jan D’jan et de Gertrude, pour cette autre page de notre histoire régionale…
Bernard Chateau,