Dans l’épisode précédent, nous avons fait la connaissance, rappelez-vous, de Marie Madeleine Marsick, ouvrière en dentelle et journalière, mère de trois enfants, nés hors mariage. Et notamment de Pierre Joseph, qui retiendrait notre attention. Nous y sommes.
Pierre Joseph est né le 27 avril 1819 et, deuxième de sa fratrie, il sera ferblantier, lampiste et ferblantier-lampiste. Mais on le dit aussi musicien amateur, violoniste et flûtiste. Il s’installera à Jupille-sur-Meuse, c’est-à-dire Liège aujourd’hui.

Pour les amateurs, c’est à Jupille-sur-Meuse qu’est située la brasserie Jupiler, à l’origine Piedboeuf, dont l’activité débuta par la chaudronnerie. Y a-t-il un lien? La question est posée. Et pour les bons élèves, c’est aussi un des lieux possibles, voire le lieu probable, de la naissance de Charlemagne, et de son père Pépin le Bref.
Et afin que nul n’en ignore plus, je m’en vais ici vous éclairer : le ferblantier est celui qui fabrique ou vend de la… ferblanterie, autrement dit, le fer-banc.

Quant au lampiste, avant que d’être celui sur qui un responsable se défausse courageusement, il est la personne qui fabriquait ou vendait des lampes à réservoir. Ou qui était chargée de l’allumage et de l’entretien des lampes et lanternes. C’est sans doute la première acception qu’il faut garder, proche de l’activité première.
Mais revenons à Pierre Joseph. De bonne constitution, à n’en pas douter, il aura un nombre impressionnant d’enfants. On lit généralement le nombre de 18 enfants. Je n’en ai identifié pour ma part « que » 17, 12 d’un premier lit, avec Anne-Marie Bevers, et 5 issus d’un second mariage. Il décède le 18 avril 1889, à Liège, à l’âge de 69 ans et aura enterré six de ses enfants. Sa première épouse, Anne-Marie, décèdera le 16 mai 1863, après avoir donné naissance à sa dernier enfant, le douzième, Marie Désirée Françoise, née quelques semaines plus tôt, le 25 mars 1863.
Si on peut s’interroger sur la manière avec laquelle un ferblantier peut assumer pareille charge familiale, on s’interrogera davantage encore sur le fait de savoir comment il a pu vouloir et surtout comme il a pu assurer une éducation musicale de haut niveau à deux ou trois d’entre eux : Louis-François, l’aîné, et Martin Pierre, de quatre ans son cadet. On lit qu’une de ses filles eut droit à cette éducation musicale, mais je n’ai trouvé aucun développement.
Cela restera le mystère de notre affaire.
Mais un heureux mystère, puisque c’est d’eux dont il va être finalement question.
Nous convoquerons ainsi successivement Louis François Marsick (1843-1901), son premier fils et premier enfant, et Martin Pierre Marsick (1847-1924), son deuxième fils et troisième enfant.
Cette histoire est évoquée à travers 7 épisodes. Voici de quoi vous orienter dans la suite:
1/7: Les Marsick. Et l’Ecole liégeoise de violon
2/7: Les Marsick. L’Ecole liégeoise et une dynastie de virtuoses d’origine slave
3/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’Ecole liégeoise de violon: Pierre Joseph
4/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’Ecole liégeoise de violon: Louis François
5/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’école liégeoise de violon: Martin Pierre
6/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et l’école liégeoise de violon: Armand
7/7: Les Marsick, une dynastie de virtuoses et de pédagogues. Paul-Louis
photo de tête: Joel Timothy sur Unsplach
Bernard Chateau,