Il y a les attaques contre les services publics et spécialement l’audiovisuel public.
Il y a, en France, les pantalonnades de telle commission parlementaire qui n’ont rien du sérieux que requièrent l’Institution et ses missions, – confisquée par un petit rapporteur choisissant son camp – et les campagnes de dénigrements des médias d’opinion au service de sa caste, dominante et dominatrice.
Il y a la réalité des sondages – des sondages qui ne disent pas l’intention, mais des sondages qui disent l’adhésion, au Service Public. Et qui closent le débat.
Médiamétrie a publié, ce mardi 14 avril 2026, les résultats de la deuxième vague d’audience radio.
On voit qu’il ne suffit pas parler au nom « des gens »: « les gens » s’expriment, clairement. Et n’ont pas besoin de relais populistes, usant d’opportunistes relais sur les réseaux sociaux qui ne sont que les grenouilles de la fable.
Alors que le média continue de perdre des auditeurs, France Inter reste la première radio de France loin – très loin – devant ses concurrentes. Elle est écoutée par plus de 7,08 millions d’auditeurs chaque jour.
Ici inverse la tendance et gagne 17.000 auditeurs sur un an (pour un total de 2,37 millions de fidèles), seule généraliste à progresser sur un an.
France Culture avec 2,11 millions auditeurs (+60.000) est à 3,7% et France Musique est à 1,00 million ( +10.000).
Côté « modernité », les podcasts de Radio France poursuivent en mars 2026 sur leur lancée avec 88 millions d’écoutes à la demande, ce qui signifie que près de la moitié des podcasts téléchargés sur le marché sont des podcasts de Radio France. 51 millions d’écoutes sont réalisées sur les plateformes Radio France. Et l’application Radio France compte 39,5 millions d’écoutes
Dans le même temps, on constate que Europe 1 devra renoncer à ses fanfaronnades, portée par les contenus de CNews, et enregistre de son côté une baisse 40.000 auditeurs sur un an.
Un mot de Fun Radio: à 1,71 million, elle perd 300.000 auditeurs. Un effet Hanouna? En tout cas, il fait baisser sa case sur un an, avec 189.000 auditeurs en moyenne soit 12.000 de moins que l’offre sur la même période en 2025.
Et en Belgique, avec « 5.000 auditeurs chaque jour… » , la catastrophe industrielle Cyril Hanouna amène la radio à décider de renoncer à ce relais qui sera réduit à un best-of diffusé à partir de 19 heures.
Bref, le populisme a ses medias dédiés, mais ne s’exporte pas inconsidérément et a ses limites : l’intelligence du public. Et c’est rassurant.
Mais la Suisse, qui n’est pas avare d’une bonne surprise, a démontré que si les auditeurs n’étaient pas sensibles au populisme en la matière, ils ne l’étaient pas davantage au poujadisme, avec l’initiative SSR. Le 8 mars 2026, les citoyens suisses se sont en effet exprimés sur l’initiative populaire » 200 francs, ça suffit ! « : il s’agissait, suite à l’initiative soutenue par les partis les nationalistes de droite du parti de l’UDC. de limiter la redevance consacrée à l’audiovisuel public à 200 FS, au lieu de 335 francs/an, le mettant dans de sérieuses difficultés: en l’amputant de 40 % de ses revenus, l’organisation aux 17 chaînes de radio et de télévision en quatre langues (allemand, français, italien et romanche) aurait dû largement revoir son offre à la baisse.
La réponse de la votation a été sans appel: avec une participation de 55,82%, le « oui » a remporté 38,5 % et le « non » 61.95%.
Une autre bonne nouvelle…
Bernard Chateau
Photo: Fringer Cat sur Unsplash