Le chroniqueur d’un grand journal de la Capitale a chroniqué sur la défaite belge face à l’Allemagne. Une rencontre frustrante. L’explication tient en quelques mots: : « Il fallait être plus méchants et plus tueurs ! »
Il paraît que le sport serait un vecteur de santé, d’émancipation, de diversité et de cohésion sociale. Ce sont des Valeurs qu’on lui prête, généralement, comme dans le contrat de gestion de la RTBF.
Si les mots ont un sens, je vois plus qu’une dichotomie entre l’idée que le sport participerait ainsi du bien-être partagé et d’un vivre-ensemble harmonieux mais aurait nécessairement pour conditions existentielles, dans son ADN, d’être « méchant » et « tueur ! ». Et exigerait même d’être « plus méchant et plus tueur ! »…
« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de ce monde », écrivait Albert Camus en 1944.
C’est le même Camus qui écrivait « Ce que je sais de la morale, c’est au football que je le dois », dans une chronique de 1953 parue dans le Bulletin du RUA, Racing Universitaire Algérois, où il officia au poste de gardien de but. Reprise à la Une de l’Equipe du 18 octobre 1957, elle est ainsi passée à la postérité, avant d’être manifestement tristement oubliée.
La dernière Coupe du Monde, s’agissant plus spécialement de football, n’avait, là-dessus laissé aucun doute, ni ce qui a suivi.
Bernard Chateau,
Photo de tête: Lea Panaino sur Unsplash