Décidément, ce n’est plus comme c’était. Et ce le sera de moins en moins. Résultat: les temps s’annoncent difficiles pour la radio comme pour la télévision linéaires. Tandis que l’évolution ne connait pas la marche arrière
Télévision

En télévision, France Télévision adopte la stratégie « streaming first« . Il ne s’agit plus de nier ni de combattre le recul annoncé de la télévision linéaire, non plus que d’espérer freiner la montée en puissance des plateformes: le groupe audiovisuel public engage une transformation structurelle d’ampleur pour s’inscrire dans cette nouvelle manière de consommer la télévision.
Dans le même temps, l’Arcom vient de lancer une consultation publique sur l’avenir de la TNT. Si le devenir de certaines chaînes est au cœur des débats, le régulateur n’exclut plus une évolution radicale, voire l’arrêt pur et simple de la télévision numérique terrestre.
Radio
Du côté de la Radio les choses ne se présentent pas mieux.
La voiture reste le lieu d’écoute de la radio le plus courant, avec environ 89 % des personnes interrogées l’utilisant pour écouter la radio, dépassant l’écoute à domicile (75 %). En France, près de 80 % des conducteurs écoutent la radio en voiture chaque semaine.
En Belgique, la radio est le média dominant en voiture, représentant 95 % de l’écoute audio en Belgique, dont 83 % via la FM et le DAB+.

Mais voilà, pour les constructeurs automobiles, cet équipement représente un coût. Manifestement dispensable: les véhicules de nouvelle génération sont dépourvus de système radio. Et ils préfèrent la solution 100% connectée (et payante) via smartphones…
Car l’obligation européenne, faite depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, d’équiper tout récepteur radio embarqué également du DAB+, ne fait pas obligation d’équiper les véhicules de radio. L’aide qu’on a voulu donner par cette obligation au DAB+ face à la résistance de la FM, se retourne ainsi contre… la radio linéaire.
Alors le secteur demande l’introduction d’une obligation européenne d’intégration de récepteurs radio FM et DAB+… On attend de voir… la réaction européenne et celle des constructeurs – notamment chinois et asiatiques…
En tout état de cause, on sent bien que si « l’évolution ne connait pas la marche arrière« , selon le mot de Boris Cyrulnik, elle se satisferait tout aussi mal d’un frein à main…
Et ce n’est pas de la nostalgie. C’est aussi, c’est surtout, pour les éditeurs locaux une question de coûts et de monétisation, face aux géants de la mondialisation.
Bernard Chateau
Photos: Sur Unsplash. Benjamin Deyoung et Magnus Jonasson